600.000 francs pour un programme d’investigation sur les Bilatérales I, l’accès au marché, la clause guillotine et Erasmus, n’est-ce pas exagéré?

Non. Combien la Confédération et les organisations économiques ont-elles investi ces dernières années pour convaincre de la nécessité d’une politique européenne accommodante sur la libre circulation des personnes et les Bilatérales I? Pour faire admettre (avec succès) que la fin de la libre circulation sonnerait la fin de l’accès au marché européen? Pas de problème, c’est leur job. Nous allons refaire une partie du travail selon des approches différentes. Avec des moyens très inférieurs, que nous espérons tout de même suffisants pour offrir une alternative solide d’information et d’analyse.

Qu’est-ce qui garantit l’impartialité des recherches et conclusions?

Qu’est-ce a garantit l’impartialité des rapports d’Ecoplan, de Bakbasel ou du SECO dans ce domaine, commandés par le gouvernement en 2015 et 2016? Nous sommes capables comme eux de reconnaître et d’inclure des éléments n’allant pas dans notre sens. Comme le directeur de recherche François Schaller l’a fait à plusieurs reprises ces dernières années dans des investigations préalables De l’inconsistance des Bilatérales I. Ce qui est important, c’est que ce genre de travail soit transparent sur ses méthodes, et irréprochable du point de vue de l’honnêteté intellectuelle.

Qu’est-ce qui garantit l’indépendance vis-à-vis des partis et mouvements politiques? De l’Union démocratique du centre en particulier (UDC)? De l’Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) et de l’Association UE-Non?

Aucun des membres fondateurs de CH-EU-Investigation n’en font partie. Les statuts, qui ont aussi été rédigés pour refléter l’esprit du projet, sont formels à ce sujet (Statuts). François Schaller, qui se définit comme souverainiste non-identitaire, est membre passif du Parti libéral radical (PLR). Toute sa trajectoire de journaliste et essayiste témoigne abondamment de son indépendance intellectuelle et politique. Si des mouvements ou leaders politiques, quels qu’ils soient, veulent participer au financement de bilatinvestigation.ch, ils sont bienvenus. Une limite a été prévue pour des raisons d’indépendance précisément (Modalités du crowdfundig). 

François Schaller est-il encore actif dans L’Agefi?

Les actifs de L’Agefi ont été transférés dans une nouvelle société appartenant à un actionnaire privé qui s’est aussi engagé à couvrir les créances obligatoires et privilégiées dans le cadre d’un sursis concordataire. François Schaller sera encore dans le conseil d’administration de l’ancienne société jusqu’à la fin de la procédure. Il est possible qu’il signe encore des articles dans L’Agefi, bien que ce ne soit pas le cas actuellement. 

Qui seront les collaborateurs de bilatinvestigation.ch? Des journalistes?

Il ne serait pas raisonnable de former une équipe avant de connaître les moyens à disposition. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il sera possible de fixer les profils, les temps de travail, les types de mandat. Il n’est pas exclu qu’il y ait des journalistes. Les moyens à dispositions détermineront le genre d’investigation, qui devra passer par le terrain, au-delà des chiffres, statistiques et modèles économiques ou politiques. 

François Schaller est à la fois président de l’association et directeur de recherche de bilatinvestigation.ch. Est-ce vraiment de la bonne gouvernance?

C’est une configuration de départ, de lancement, qui durera probablement jusqu’à la fin de la première phase: les dix investigations sur les Bilatérales I. Si l’association et le site deviennent des entités plus durables d’investigation sur la politique européenne de la Suisse, ce sera certainement différent.   

Les fonds obtenus par financement participatif seront remboursés tout de suite et intégralement si le seuil de 300.000 francs n’est pas atteint. Qui prend le risque financier en avançant les coûts de préparation et réalisation du site et du crowdfunding?

François Schaller et Antoine Spillmann.